Mon parcours
La musique, une transmission devenue un chemin de vie.
La musique est entrée dans ma vie par une porte que mon père avait à peine pu entrouvrir.
Je viens d’une famille modeste, qui a avancé avec beaucoup de volonté. Après une enfance très difficile, mon père avait eu, un peu par hasard, l’occasion de recevoir une courte formation musicale et de découvrir le piano. Faute d’argent, il n’avait pas pu poursuivre cet apprentissage, et il n’a jamais repris le piano à l’âge adulte.
Il a voulu m’offrir cette possibilité. À travers mon éducation musicale, il espérait me donner accès à ce qui lui avait manqué et nous ouvrir la voie vers une vie meilleure.
Mais, au départ, ce désir était le sien. Je n’avais pas choisi d’apprendre le piano, et j’étais loin d’imaginer la place que la musique prendrait dans ma vie, ou l’épanouissement que je trouverais un jour à la transmettre.
À 11 ans, je donnais mon premier récital à la Salle Gaveau de Paris, (1000 places), après avoir remporté un premier prix ex æquo au concours de piano Claude Kahn. Puis un concert avec orchestre à 16 ans à Paris.
Ma formation de pianiste classique m’a donné des bases précieuses : le goût du travail bien fait, la discipline, la sensibilité, l’attention au son et l’exigence de l’interprétation. Je lui dois beaucoup. Mais, avec le recul, j’ai aussi compris qu’il me manquait une partie du langage musical.
J’avais appris à lire une partition, à travailler une œuvre et à la jouer. Pourtant, je n’avais pas appris à comprendre la musique assez librement pour improviser, composer ou arranger. Je savais lire les notes, mais je ne savais pas encore vraiment m’en servir pour parler musique. L’apprentissage que j’avais reçu me semblait parfois très scolaire : apprendre, répéter, restituer. Je pouvais jouer, mais j’avançais avec des œillères sur tout ce qu’il était possible de faire avec la musique.
J’ai depuis rencontré d’autres élèves issus d’une formation classique qui ressentaient ce même manque. C’est aussi pour eux que j’ai voulu construire une autre façon d’enseigner. Une solide formation musicale devrait ouvrir des portes, y compris à celui qui souhaite comprendre ce qu’il joue, retrouver un morceau à l’oreille ou inventer quelque chose de personnel.
En 2011, une année de cours de jazz a provoqué un véritable avant et un après. Elle m’a bousculé et m’a donné envie d’appuyer sur « reset » : reprendre les questions de départ, regarder autrement ce que j’avais appris et repenser, petit à petit, ce que je transmettais à mes élèves. Ma curiosité musicale était déjà là ; cette expérience m’a aidé à lui donner une nouvelle place dans mon enseignement.
Comment aider un élève à comprendre et à faire sienne la musique qu’il joue ? Comment développer son oreille, son sens du rythme et sa liberté d’expression, en plus de la lecture des notes ? Je n’ai pas tout changé du jour au lendemain. J’ai essayé, observé ce qui fonctionnait avec mes élèves, puis ajusté ma méthode au fil des années.
Aujourd’hui, j’accorde une place essentielle au rythme, à l’écoute, à la voix et à la compréhension musicale. La technique et la lecture restent importantes : je veux qu’elles deviennent des outils au service de la musique, et que l’élève puisse progressivement jouer, comprendre, interpréter, improviser et créer.
Une reconnaissance qui a une histoire particulière
Des années après mon premier concours, l’un de mes élèves a présenté une performance qui a particulièrement marqué le jury du concours Claude Kahn, notamment Claude Kahn lui-même. J’ai alors été invité à rejoindre le jury l’année d’après.
J’ai été membre du jury du concours national Claude Kahn de 2008 à 2014, l’un des concours de référence du piano classique pour les jeunes pianistes. Revenir à ce concours comme professeur et membre du jury, après y avoir été récompensé enfant, a été un moment fort de mon parcours. J’y ai vu une reconnaissance de mon enseignement par mes pairs.
Un parcours qui continue
Après plus de 30 ans d’enseignement, je continue à apprendre. Mes élèves, les musiques que je découvre et les questions que je me pose nourrissent encore ma façon d’enseigner. Ma méthode est construite, mais elle reste vivante, parce que chaque personne qui arrive au piano est différente.
Mon objectif n’est pas de vous apprendre à jouer comme moi. C’est de vous aider à trouver votre propre façon de jouer. Que vous débutiez ou que vous ayez déjà étudié le piano, nous partirons de là où vous en êtes, avec vos envies, vos goûts et votre rythme.
Et vous, qu’aimeriez-vous jouer ? Parlons-en.
Aujourd’hui, j’enseigne la musique, et la musique continue de m’apprendre à vivre.
Elle me rappelle qu’on ne peut pas toujours aller plus vite que ce que l’on est en train de construire. Je le dis parfois à mes élèves : « Tu vois, là, tu vas plus vite que la musique. » On voudrait réussir immédiatement, sauter une étape, trouver un raccourci. Mais le geste se crispe, le rythme se perd, la phrase ne respire plus. Alors on ralentit, on écoute et on reprend. Peu à peu, ce qui semblait inaccessible devient possible.
Quelques phrases « mantra » accompagnent ainsi mon enseignement : « Chi va piano va sano e va lontano », « C’est en forgeant qu’on devient forgeron », ou encore la phrase de Sénèque « Ce n’est pas parce que les choses sont difficiles qu’on n’essaie pas. C’est parce qu’on n’essaie pas que c’est difficile. » Elles prennent leur sens dans l’expérience .
La scène m’a aussi appris à prendre ma place.
Au fil des auditions, des récitals et des concerts, certaines fois, tout s’est très bien passé. D’autres fois, beaucoup moins bien — et parfois même très mal. J’ai dû apprendre à traverser ces moments, se nourrir de ces expériences pour mieux rebondir .
J’en ai retenu quelque chose d’essentiel : une prestation ratée ne résume pas ce que l’on vaut. On peut tomber, se relever, comprendre ce qui s’est passé et continuer à avancer. Ces expériences ont progressivement renforcé ma confiance et mon estime de moi. Elle m’ont appris à m’exprimer devant les autres, à m’affirmer et à moins laisser la peur de leur jugement décider à ma place.
Oser se faire entendre, même avec le trac, c’est déjà découvrir qu’on en est capable. Et cette assurance peut ensuite nous accompagner bien au-delà du piano.
La musique a aussi, pour moi, un pouvoir plus intime. Parfois, au milieu des soucis, une mélodie me revient en tête. Elle prend sa place, et les préoccupations s’effacent.
C’est aussi cela que j’aime transmettre : la possibilité de faire de la musique une ressource à soi, qui aide à s’exprimer autrement, une amie pour la vie.
– CNR de Paris de 1986 à 1990
– Royal C.N.S.M.(Conservatoire National Supérieur de musique) de Madrid en 1994. Suivi une scolarité en mode Etudes-musique de la 6e à la terminale.(collège Lamartine puis lycée Racine)
– Diplômé de l’Ecole Normale de musique A.Cortot
– Diplômé du CNR de Paris.
– Diplômé de formation musicale (solfège) en Supérieur au conservatoire de Levallois.
Assisté aux master.class de M.Perahia,A.de larrocha, F.R. Duchable, A.Ciccolini, S.Perticaroli, D.Merlet, JM. Luisada, …
– 1ers et 2e prix à plusieurs Concours Nationaux et Internationaux.
– Récitals (avec orchestre aussi) en Europe (dont 2 prestations à la salle Gaveau (Paris) et aux U.S.A.
– Membre du jury de 2008 à 2014 du concours national de piano Claude Kahn.
30 ans d’expérience continue, que ce soit en conservatoires, en écoles de musique publics et privées, en cours particuliers (ou par webcam à l’international depuis 2007 ).